2026 La nuit penche Pièce pour trois personnages : Deux hommes et une jeune fille. Deux êtres solitaires font route ensemble. L’un remonte vers le nord, l’autre à l’ouest cherche un morceau de ciel noir, une étoile perdue, un arbre au milieu d’une forêt, le maillon d’une chaine tombé dans l’eau. Ils ont pris une direction en suivant le vent, auquel ils faisaient confiance. Mais le vent les a semés et ils se sont perdus. Ils avancent dans la nuit, dissimulant la peur soudaine d’être séparés. Peu à peu, la forêt se raréfie, laissant apparaître les ruines d’un paysage dévasté par la guerre, tandis qu’une jeune fille cherche son père.
La pièce sera lue au Festival d’Avignon, dans le cadre du cycle de lectures proposé par la SACD, le 9 juillet à 17 heures au Conservatoire d’Art dramatique d’Avignon.
2026 La virgule sauvage Souvent en rêve, je mets les virgules d’abord. Cette phrase de Dominique Fourcade m’a déplacée. Je ne sais pour quelle raison, j’y reviens sans cesse. C’est donc un poète qui s’exerce dans ce déplacement. Sa page est le paysage qu’il parcourt. La phrase est un terrain. Il vagabonde dans les alinéas, déborde dans les marges, emprunte des passages étroits. Il suit du doigt le tracé d’une phrase sur le départ, la courbe d’un mot, à la recherche d’un titre perdu, d’une syllabe manquante, d’une voyelle oubliée en forêt. Il contourne un paragraphe raturé la veille, traque le verbe irrégulier et la virgule sauvage. L’écriture est un enchainement, une articulation de mots, de phrases à terminer ou à refaire, des mouvements à reprendre, des paragraphes à relier.
Ce projet en cours est accueilli en novembre 2026 à La Chartreuse, Centre National des Écritures du Spectacle.
2026 Un voyage en Ukraine… Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, Tetyana Ogarkova, Maître de conférence à l’Université de Kyiv, œuvre au sein de l’ ONG : Ukraine Crisis Media Center et témoigne de ce qui se passe dans son pays. En janvier, Tetyana m’a proposé de l’accompagner à Kherson en Ukraine. Plus de trains, plus aucun moyen de transport pour accéder à cette ville. Passés les Points de contrôle, nous suivons une route sous des filets anti-drones, mouchetés d’oiseaux morts. Des villages dévastés nous accueillent avec leurs petits cimetières, leurs drapeaux, leurs parterres de fleurs et leurs animaux errants… À Kherson, la guerre ne permet pas aux enfants d’aller à l’école. De toute façon, il n’y a même plus d’électricité. Mais sous la terre, les enfants sont bien là. Ils vont en classe, ils écrivent et ils ont besoin de livres. Après neuf heures de route, nous les avons retrouvés pour partager une histoire coécrite avec des enfants d’Avignon…
Un projet d’écriture… Sous terre à l’abri des drones, un groupe d’enfants guidé par l’écrivain Yvan Andrusiak commence la rédaction d’un incroyable récit, en nous demandent d’en écrire la fin. À 3000 kilomètres de là, à Avignon, nous avons accepté. En avril, j’ai traversé l’Ukraine dans le minibus conduit par Volodymyr Yermolenko, président du PEN ukrainien. La guerre était omniprésente et le trajet périlleux, mais nous étions attendus par les enfants de Kherson pour leur remettre en main propre la suite du récit. Rencontres joyeuses, pleine d’émotions où l’on rit, ou l’on parle de construction, de traduction, d’illustration… — Vous ne savez pas ce qui se passe chez nous ! Ont répliqués les enfants de Kherson. — Parlez nous de la libération de Kherson et donnez nous la fin de l’histoire ont répondu les enfants d’Avignon. Et le récit s’acheva emprunt de gravité.
Naitra un ouvrage préfacé par Tetyana Ogarkova. Une édition bilingue ukrainien/ français, illustrée par l’artiste Valerie Kryzhanovska. Le livre paraitra en novembre 2026.
2018 / 2019 Rosalie Conte musical Livret : Anne Houdy Musique : Nicolas Mazmanian par l’ensemble symphonique Giocoso
Enregistrement public le 22 février au Cadran à Ensuès
Rosalie habitait au coeur de l'hiver. Elle vivait dans le froid et n'avait jamais quitté son arbre. Elle connaissait la neige sur le bout de la langue, appelait les flocons par leurs prénoms. Rosalie chantait son poème à l'hiver, récitait ses conjugaisons, en suivant le vent. Mais un jour, sans aucune explication, le vent changea de direction, éloignant peu à peu Rosalie de son arbre.
Texte : Anne Houdy Mise en scène et dramaturgie : Elisabeth Moreau Film vidéo et scénographie : Catherine Legrand Régie : Marie-Jo Dupré Avec : Anne Houdy et Emmanuel Bec
Fable pour l’hiver est une traversée. Un aller-retour entre l’écrit et le jeu, entre l’hiver et le jardin, le dedans et le dehors, la fable et le sommeil. D’un bord à l’autre, de ce qui précède l’écriture jusqu’à la représentation elle-même.